Chers humains,
LE FAIT QU'UNE
IDEE SOIT PREMATUREE NE SIGNIFIE PAS QU'ELLE NE SOIT PAS REALISABLE
UN JOUR FUTUR, DONC PLUS QUE JAMAIS "SOYONS REALISTES, EXIGEONS
L'IMPOSSIBLE" (Che Guevara). A titre d'adhesion au mouvement
du Forum social mondial qui a lieu en ce moment au Bresil ( Porto
Alegre), je vous envoie un texte paru dans notre Revue Intemporelle,
qui pour nous est toujours d'actualite. Il serait bon que vous
nous fassiez parvenir vos reflexions et point de vue a ce sujet
?
Humainement,
Tatiana
Janvier
2001
NOS DISCUSSIONS
SUR LE SUJET
 |
José Bové avec le mouvement
des sans-terre brésiliens en train de détruire
un champ de soja transgénique de Monsanto au Sud du
Brésil.
"O frances Jose Bove joga mudas de soja transgenica,
em protesto contra
a multinacional Monsanto. O ativista participa do Forum Social
Mundial. " Voir aussi la une du Jornal
do Brasil : |
Le libre arbitre
est notre seule vraie richesse et, de ce fait, il doit être
considéré comme inviolable. Imposer quoi que ce
soit est un crime contre l'humanité, contre nature, contre
conscience. Il ne peut s'agir que de proposer, d'inviter au partage.
Ce qui est vérité pour l'un ne l'est pas forcément
pour l'autre. L'échange des idées et des points
de vue ne peut que nous enrichir mutuellement, mais pour cela
il est une condition sine qua non : le respect réciproque.
Ce sont toujours les "idées insolites" qui ont
fait avancer la culture humaine, aussi bien dans l'histoire de
la science que celles de l'art, de la philosophie, de la psychologie
et même des religions.
L'utopie d'hier est
l'ordinaire d'aujourd'hui. Le fait qu'une idée soit prématurée
ne signifie pas qu'elle ne soit pas réalisable un jour
futur. Dans notre civilisation, avoir l'esprit ouvert, c'est-à-dire
sans préjugés, est assez rare, non pas parce que
l'intelligence en est absente, mais par conformisme socio-psychologique
qui veut que l'on soit en accord avec la majorité, faute
de quoi on risque de subir l'exclusion du groupe. Notre horizon
mental est proportionnel à notre champ de vision, et nous
savons tous que nous avons la vue - et la vie - courte. Comme
la limite des yeux crée l'horizon, seul l'élargissement
de notre compréhension peut nous apprendre que plus nous
marchons vers l'horizon, plus il s'éloigne.
Exclure de notre
champ de vision mental tout ce qui le dépasse, sous prétexte
que l'on ne voit pas, c'est nous maintenir nous-mêmes derrière
les barreaux limités de notre propre prison, c'est être
son propre bourreau, en quelque sorte. Ce que je veux signifier
par là, c'est qu'il ne s'agit ni d'affirmer, ni d'infirmer,
mais d'accepter les "propositions insolites" comme hypothèses
de travail et d'aller voir par soi-même si oui ou non, si
oui et non, cela est envisageable dans un futur proche, et de
le démontrer arguments à l'appui. L'absence de preuves
n'a jamais constitué une preuve d'absence. Nous pensons
que malgré notre haute technologie, nous demeurons psychologiquement
égocentriques, géocentristes, anthropocentristes
et nationalistes primaires de surcroît.
Or, depuis le jour
mémorable du 24 juillet 1969, où nous avons aperçu
sur nos écrans l'image du vaisseau spatial Gaïa bleue
blues, nous savons que celle-ci est un corps astronomique indivis
et que nous sommes tous, sans exception, des voyageurs à
son bord; plus jamais - me suis-je dit - les hommes ne se verront
séparés et différents les uns des autres.
Hélas ! 1010 mille fois hélas ! cette attitude d'exclusion
et de blocage psychologique est toujours de mise.
Aujourd'hui, du moins
en Occident, nous avons: d'un côté une science qui
nous apprend que notre galaxie est une ruche de cent milliards
d'étoiles dans un univers observable où il existe
environ cent milliards de galaxies semblables à la nôtre,
avec des dimensions chiffrées en milliers d'années-lumière
et où pour notre seule galaxie apparaît le nombre
vertigineux de cent mille années-lumière de diamètre
(une année-lumière = 10 000 milliards km), et de
l'autre côté une mentalité sectaire, tribale
- à quelques exceptions près.
Pour la plupart,
nous vivons pour le panem et circenses, malgré toutes les
informations que nous avons sur l'empire romain et sur l'une des
causes majeures de sa chute. Les civilisations sont mortelles,
elles aussi, et la nôtre se meurt, pendant que la nouvelle
est déjà en gestation au sein même de l'actuelle.
Et pendant ce temps-là,
notre monde présente une face de plus en plus uniforme,
internationalisée par l'économie, les sciences,
les mass-média et les toutes puissantes transnationales
qui règnent en despotes quasi-absolus et pour lesquelles
tout est permis.
Et pendant ce temps-ci,
ces mêmes puissances nous disent l'impossibilité
de réaliser l'unité dans la diversité, c'est-à-dire
l'union de la grande famille fraternelle et humaine, en nous étiquetant
d'irréalistes, et selon les latitudes de fauteurs de troubles,
c'est-à-dire de dangereux individus. Implicitement, "cartésiennement",
tout est fait pour que nous n'ayons plus de but en commun, plus
d'idéal à partager, alors voilà quelques-uns
des résultats: par excès de matérialisme,
nous sommes en train de nous effondrer, de nous étouffer
lentement mais sûrement.
Faute d'idéal
humain véritable, notre indifférence nous mène
droit à la destruction de notre planète et à
l'autodestruction. Certes, nous voyons apparaître des tentatives
communautaires en Amérique du Sud, en Amérique du
Nord, en Europe, mais tout en essayant de rester ouverte et de
ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain, je constate
qu'il suffit de gratter le vernis économico-démago
pour s'apercevoir que le souci majeur est de faire bloc contre...
Communautés d'exclusion en réalité, ou il
se peut que ce soit pour nous un passage obligé dont nous
ne saurions pas nous détourner. Il se peut...
En face de cela,
qu'avons-nous à proposer, tout en prenant en considération
le mercantilisme, l'ignorance, la médiocrité et
l'égoïsme?...
L'histoire de l'humanité
sur Terre nous a appris que c'est toujours un petit nombre - à
son propre détriment d'ailleurs - qui met en doute le schéma
mental établi comme dogme absolu, qui ose proposer ce que
d'autres - par ignorance et par peurs de toutes sortes, peur du
ridicule et de l'exclusion entre autres - n'oseront jamais.
Alors nous sommes
partis à la recherche de ceux qui osent, en leur demandant
de penser avec nous un monde où il n'y aurait qu'une seule
nationalité, et où le respect de la diversité
dans la solidarité serait notre bien commun.
Vers une communauté
planétaire, utopie, rêve de fous, ou recherche nourrie
dans l'amour et au nom de l'espérance pour que demain existe
encore ?
Quant à "moi", par extrapolation et aussi par
humour (noir ?), je me plais à demander ce qui arriverait
si un jour une civilisation supérieure à la nôtre
établissait le contact avec nous, une civilisation tellement
supérieure que, face à elle, nous nous sentirions
comme des prédateurs barbares quoiqu'impuissants, immuablement
figés dans un âge de pierre révolu. Serions-nous
prêts à nous unir enfin? Certainement, forcément
comme dirait M.D., mais je crains que - comme il en va souvent
avec les hommes - il ne soit déjà trop tard pour
le faire, à moins que..
Tatiana
F.
Paris, juin 1993
Je
vous recommande
le site du Monde qui propose un compte-rendu quotidien
en direct du premier Forum social mondial a Porto Alegre,
dans le sud du Bresil. Du 25 au 30 janvier 2000, organisations
non gouvernementales, associations, syndicats et mouvements
de citoyens du monde entier s'y rassemblent pour proposer
une autre voie face a la mondialisation proposee par les participants
au sommet de Davos. L'occasion de decouvrir la place et la
forme que la "societe civile" entend donner aux nouvelles
technologies et a Internet. |
Le
site officiel : www.forumsocialmundial.org.br |
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