Matière à penser

Cyberhumanisme.org

Sommaire Néthiquette Modération Archives Abonnement Matière à penser

NON À LA LOGIQUE DE GUERRE 2001-2003

C'est sans doute la défaite d'un tyran : ce n'est pas la victoire de la démocratie ! , par Tatiana F.

Pas vu à la télé, vidéo contre la guerre, par Natacha

Pétition "Pax Humana, ici et maintenant" des Humains Associés

Boucliers humains pour l'Irak (pages spéciales)

Appel à la conscience des vétérans aux soldats engagés et aux réservistes

Lettre ouverte au Président des Etats-Unis, par Sean Penn

L'Autre Amérique, par Natacha Q-S

• Non à l'intervention militaire contre l'Irak

• Hommage aux victimes civiles du 11/09

Non à la logique de guerre, par Tatiana F.

Le manifeste planétaire


GUIDE DE RESSOURCES
Non à la logique de guerre (mobilisations, pétitions, liens, etc.)

Suite du sommaire

 

SYNDIQUER cyberhumanisme


FIL D'INFOS CYBERHUMANISTE
MATIERE A PENSER

LISTE DE DISCUSSION CYBERHUMANISME

[FORUM] RECHERCHE D'UNE BEAUTÉ IDÉALE


[FORUM] HUMANITÉ - PLANÈTE TERRE

[FORUM] ÊTES-VOUS SÛR D'ÊTRE UN ÊTRE HUMAIN ?


Si la terre était un village… la parabole écolo

(Flash mob) Foules intelligentes, attentat poétique, et nouvelles formes de mobilisations…


Super-Dossier "Non à la logique de guerre"

Portfolio contre la Guerre du Golfe II

Concert pour la Paix à Notre-Dame de Paris (14 mars 2003)

LES DOSSIERS :
Exclu - Dossier : C'était le 15 février sur la terre, Non à la logique de guerre,Critique de Loft Story


• La liste de discussion cyberhumanisme (s'abonner, archives...)
• Forums en ligne (écolosie, non à la guerre, poésie, humanité…)
• La petite histoire des Humains (Il était une fois, en 1984…)
FAQ - Humains Associés (participer, faire un lien, la revue...)
• Syndication : reprendre les derniers titres de cyberhumanisme


Le rezo des Humains Associés
Les Humains Associés
Les Humains Associés (le forum)
Cyberhumanisme (la liste)
Cyberhumanisme (magazine)
Pax Humana (Irak)

 

LES DOSSIERS DE CYBERHUMANISME.ORG

[NON À LA LOGIQUE DE GUERRE]
 La survie de l'humanité est en jeux,
par Ervin Laszlo


L'auteur est fondateur et président du Club de Budapest, laboratoire de réflexion international, et auteur de " Macroshift :piloter la transformation vers un monde durable ", publié chez Berret-Koehler, San Francisco. Il vient de recevoir le 21 Octobre 2001 le Prix du Japon pour la Paix (Goi Award).


L'humanité survivra-t-elle sur cette planète ? C'est la question qui se pose. Au cours du mois dernier, les armées les plus puissantes au service des pays les plus riches du monde ont pilonné la population démunie du pays le plus pauvre et créé une vague montante de ressentiment. Si cela continue nous aurons encore plus de terrorisme, ce qui provoquera à nouveau une réponse par les armes. L'escalade qui en résultera pourrait mettre un terme à l'humanité sur cette planète. Il y a des précédents. Environ 99.9 % des espèces complexes qui sont apparues sur Terre au cours des dernières 600 millions d'années sont aujourd'hui éteintes. Les humanoïdes sont là depuis 5 millions d'années et l'Homo sapiens depuis 50 000 ans, mais au cours des 5 000 dernières années, plus de trente civilisations ont disparu. Si la civilisation technologique mondiale devient invivable, la conflagration qui en résultera pourrait amener l'humanité au bord de l'abîme.


Nous devrions étudier attentivement où nous allons. La guerre en Afghanistan est menée au nom de la justice : ce pays abrite les terroristes qui ont tué des innocents, et le terrorisme doit être éliminé de la surface de la Terre. C'est vrai, mais la question est comment nous y prendre. La logique dominante veut que pour mettre fin au terrorisme, nous devions éliminer les terroristes. Ce raisonnement est juste si les terroristes qui menacent la vie et la civilisation se limitent à ceux qui se cachent derrière la vague de terreur actuelle. Si c'est le cas, en éliminant les terroristes nous éliminons alors le terrorisme.


Mais si ce n'était pas le cas ? Et si les griefs qui ont rempli de haine Ben Laden et son groupe et les ont amenés au terrorisme ne se limitaient pas à eux seuls ? Ces griefs sont également exprimés et suivent eux aussi, une logique convaincante. Celle-ci est centrée sur la présence militaire américaine massive dans la région ; sur le soutien des Etats-Unis à l'occupation des terres arabes par Israël ; sur une décennie de sanctions et d'attaques armées contre l'Irak ; et sur le soutien couvert et ouvert aux régimes arabes fortement armés dès lors qu'ils sont favorables aux intérêts américains. Si ces griefs sont partagés par les factions fanatiques de fondamentalistes dans toute la région islamique, le fait de capturer ou tuer Ben Laden et son réseau Al Qaïda ne mettra pas fin au terrorisme. La défaite et l'élimination des talibans pas davantage.


Le président Bush a dit que le terrorisme est une sorte de cancer : il doit être éliminé. Il a raison. Mais le cancer n'est pas toujours guéri par l'ablation des cellules cancéreuses. Parfois, l'opération chirurgicale elle-même fait flamber et propager le cancer. Cela pourrait se produire dans le corps de l'humanité. Quand nous attaquons un peuple qui a des griefs ou qui se bat pour une cause, nous exacerbons leurs griefs et renforçons leur croyance dans leur cause. C'est arrivé au Vietnam, en Corée, au Cambodge, au Laos, au Salvador, au Nicaragua, au Liban, au Guatemala, à Grenada, dans les Balkans et en Irak. Déclarer la guerre au terrorisme, tout comme déclarer la guerre au communisme et à l'Islam fondamentaliste, ce n'est pas nécessairement déclarer la guerre contre le terrorisme. Cela peut finir par être une guerre qui répand le terrorisme. Et cela pourrait avoir des conséquences fatales.


Supposons que la croisade en Afghanistan atteigne son objectif : les responsables de la terreur actuelle sont capturés et traînés en justice. Mais si d'autres deviennent terroristes à leur place, l'objectif c-à-d l'éradication du terrorisme ne sera pas atteint. Et pourtant, c'est possible. Quand les peuples se sentent victimes, ils peuvent mettre leur vie en jeu pour redresser ce qu'ils perçoivent comme des torts. S'ils s'appuient sur de l'argent et des cerveaux, cela peut faire des ravages. L'escalade qui en résulterait peut devenir incontrôlable. Les Etats-Unis ont déjà mobilisé des forces armées aussi grandes que pour la deuxième guerre mondiale, et l'alliance militaire dirigée par les US possède une puissance de destruction plus grande que jamais dans l'histoire. Les terroristes eux-mêmes ont à leur disposition une puissance destructrice effarante, des armes biologiques et peut-être nucléaires et des moyens inédits pour menacer la vie dans les sociétés civilisées. De nos jours, les sociétés sont extrêmement vulnérables, nous le savons. Il n'est plus nécessaire de détourner un avion et de le jeter sur un gratte-ciel, ou de le faire exploser en vol, il suffit d'infester l'air ou les réserves d'eau des grandes villes, d'envoyer des enveloppes empoisonnées par courrier ou d'envoyer une fusée avec un lanceur manuel au cœur d'un réacteur nucléaire ou sur le pilier d'un pont…les possibilités sont infinies et ahurissantes.


Voulons-nous continuer à vivre dans l'ombre du terrorisme ? Ou devrions-nous courir le risque, lorsque nous éliminerons le groupe de terroristes actuel qu'il y en ait d'autre ? Aucune de ces options n'est raisonnable. Vivre sous une menace constante finit par produire de la paranoïa. Et la croyance optimiste qui veut que l'action militaire mette définitivement fin au terrorisme n'est rien de plus qu'une croyance optimiste. Pour la soutenir, nous devrions non seulement installer un nouveau régime en Afghanistan, éliminer Al Qaïda, le Hamas et les autres organisations terroristes, mais il nous faudrait également policer le monde Islamique tout entier, et vraisemblablement tous les pays où la politique étrangère américaine basée sur l'économie crée des griefs qui alimentent le ressentiment et pourraient dégénérer en haine. Ces facteurs ne sont pas éliminés par une réponse armée, ils en sont seulement exacerbés.


Le temps est venu de réfléchir sérieusement à l'efficacité qu'il y a à continuer à contrer la violence de la terreur par la violence d'une guerre organisée. Il est possible que le moyen d'éliminer le terrorisme de façon durable et fiable de la surface de la terre ne soit pas en éliminant les peuples qui se tournent vers le terrorisme, mais par l'élimination des griefs qui les rendent terroristes. Ceci demande une politique économique et étrangère plus sage et plus équilibrée. S'attirer le courroux des fondamentalistes Islamistes, et dans une certaine mesure également de la partie plus modérée du monde Islamiste et Arabe, c'est un prix trop élevé à payer pour protéger les intérêts des Etats-Unis concernant le pétrole. C'est la motivation principale de toutes les interventions américaines dans la région depuis l'accord de1945 entre le président Roosevelt et le Roi Ibn Saud, pour protéger la famille royale Saoudite contre ses ennemis en échange d'un accès perpétuel et illimité aux champs de pétrole d'Arabie Saoudite. Une politique plus équilibrée dans le monde arabe, la même que dans le reste du monde, éliminerait le spectre du terrorisme de façon plus sûre et durable que la simple élimination des terroristes.


Nous devrions réfléchir dans quelle direction nous allons alors que nous avons encore le choix : la voie de la justice à court terme par la force des armes, ou la voie de la justice à long terme à travers une politique sage et équilibrée. Si nous prenons la voie des armes et que le conflit prenne une dimension mondiale, cela pourrait mettre fin à l'histoire de l'humanité sur cette planète. Et ce serait la fin de cette histoire, et aussi de vous et moi.

Ervin Laszlo


 

A lire chez les Humains Associés

Manifeste de conscience planétaire, Club de Budapest International

Rencontre avec des coeurs remarquables
Entretien d'Ervin Laszlo, Philosophe des sciences de formation, ancien directeur de recherche aux Nations Unies et recteur de l'académie de Vienne, conseiller spécial du directeur général de l'Unesco.

Signes d'espoir, par Ervin Laszlo

 

 
SOMMAIRE DU DOSSIER - SEPTEMBRE 2001 - 2002
NON A LA LOGIQUE DE GUERRE
Plus de vingt pages sur le 11 septembre, la guerre en Afghanistan, avec des textes de Tatiana F. et Natacha Q-S, des Humains Associés, et aussi d'Eduardo Galeano, Jay Wilder, une série de lettres de Michael Moore, Naomi Klein, des pétitions, et des liens.
Non à l'intervention militaire contre l'Irak !





 
 


Abonnement - Archives - Modération - Néthiquette - Matière à penser - Répertoire - Sommaire

Cyberhumanisme.org

Les Humains Associés

© 2001 Contact