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NON À LA LOGIQUE DE GUERRE
2001-2003
C'est sans doute la défaite
d'un tyran : ce n'est pas la victoire de la démocratie ! , par Tatiana
F.
Pas
vu à la télé, vidéo contre la guerre, par Natacha
Pétition
"Pax Humana, ici et maintenant" des Humains Associés
Boucliers humains pour l'Irak
(pages spéciales)
Appel à la conscience
des vétérans aux soldats engagés et aux réservistes
Lettre ouverte au Président
des Etats-Unis, par Sean Penn
L'Autre Amérique,
par Natacha Q-S
Non à
l'intervention militaire contre l'Irak
Hommage aux victimes civiles du 11/09
Non à la logique de
guerre, par Tatiana F.
Le manifeste planétaire
GUIDE DE RESSOURCES
Non à la logique
de guerre (mobilisations, pétitions, liens, etc.)
Suite du sommaire
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[NON À
LA LOGIQUE DE GUERRE]
Le
théâtre du bien et du mal, par Eduardo Galeano
Le théâtre
du Bien et du Mal - par Eduardo Galeano paru dans le journal mexican:
La
Jornada, le 21 septembre 2001
(Eduardo Galeano né en 1940 en Uruguay. 1973: journaliste,
il fuit un putsch militaire et s'installe en Argentine qu'il quittera
à la suite d'un autre coup d'Etat. 1985 : exil en Europe
où il vit désormais).
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Dans
la lutte du Bien contre le Mal, c'est toujours le peuple qui
compte ses morts. Les terroristes ont tué des travailleurs
de cinquante pays, à New York et à Washington,
au nom du Bien contre le Mal. Et au nom du Bien contre le Mal,
le président Bush a juré vengeance: "Nous
allons éliminer le Mal de ce monde", a t-il annoncé.
Eliminer le Mal? Que serait le Bien sans le Mal? Il n'y a pas
que les fanatiques religieux qui aient besoin d'ennemis pour
justifier leur folie. Mais l'industrie de l'armement et le gigantesque
appareil militaire des Etats-Unis ont également besoin
d'ennemis pour justifier leur existence.
Bons et méchants, méchants et bons: les acteurs
changent de masques, les héros deviennent des monstres
et les monstres des héros, selon les exigences de ceux
qui écrivent le drame.
Il n'y a rien de nouveau dans cela. Le scientifique allemand
Werner von Braun était méchant lorsqu'il inventa
les fusées V-2 qu'Hitler largua sur Londres, mais il
devint gentil lorsqu'il mit son talent au service des Etats-Unis.
Staline était gentil durant la Seconde Guerre Mondiale
et méchant après, lorsqu'il commença à
diriger l'empire du Mal. Dans les années de la guerre
froide, John Steinbeck écrivit: "Peut-être
le monde entier a t-il besoin de Russes. Je parie que la Russie
aussi a besoin de Russes. Peut-être les appellent-ils
Américains." Ensuite, les Russes devinrent gentils.
Maintenant, Poutine dit aussi: "Le Mal doit être
puni".
Saddam Hussein était gentil comme l'étaient les
armes chimiques qu'il employa contre les Iraniens et les Kurdes.
Puis il devint méchant. Il s'appelait déjà
Satan Hussein lorsque les Etats-Unis, qui venaient d'envahir
Panama, envahirent l'Irak parce que l'Irak avait envahi le Koweït.
Bush Père prit à sa charge cette guerre contre
le Mal. Avec l'esprit humanitaire et de compassion qui caractérise
sa famille, il a tué plus de cent mille Iraquiens,en
majorité des civils. Satan Hussein continue d'être
où il était, mais cet ennemi numéro un
de l'humanité a rétrogradé à la
place d'ennemi numéro deux. Le fouet du monde s'appelle
maintenant Osama Bin Laden.
La CIA lui a appris tout ce qu'il sait en matière de
terrorisme : Bin Laden, aimé et armé par le gouvernement
des Etats-Unis, était l'un des principaux "guerriers
de la liberté" contre le communisme en Afghanistan.
Bush Père occupait la vice-présidence lorsque
le président Reagan a dit que ces héros étaient
"l'équivalent moral des Pères Fondateurs
de l'Amérique". Hollywood était d'accord
avec la Maison Blanche. Il y fut tourné Rambo 3: les
Afghans musulmans étaient les bons. Ils sont maintenant
les mauvais, au temps de Bush fils, treize ans après.
Henry Kissinger fut parmi les premiers à réagir
devant la récente tragédie. "Ceux qui apportent
appui, financement et inspiration aux terroristes sont aussi
coupables qu'eux", condamna t-il par ces paroles que le
président Bush répéta des heures plus tard.
S'il en est ainsi, il faudrait commencer par bombarder Kissinger.
Il se trouverait coupable de beaucoup plus de crimes que ceux
commis par Bin Laden et par tous les terroristes du monde. Et
dans beaucoup plus de pays: il a été au service
de plusieurs gouvernements des Etats-Unis, apportant "appui,
financement et inspiration" au terrorrisme d'Etat en Indonésie,
Cambodge, Chypre, Iran, Afrique du Sud, Bangladesh et dans les
pays sud-américains qui ont souffert de la guerre sale
du Plan Condor.
Le 11 septembre1973, exactement 28 ans avant les événements
d'aujourd'hui, il avait incendié le palais présidentiel
du Chili. Kissinger avait anticipé l'épitaphe
de Salvador Allende et de la démocratie chilienne, en
commentant les résultats des élections: "Nous
ne pouvons pas accepter qu'un pays devienne marxiste à
cause de l'irresponsabilité de son peuple."
Le mépris pour la volonté populaire est une, parmi
tant d'autres, des similitudes existant entre le terrorisme
d'Etat et le terrorisme privé. Pour prendre un exemple,
l'ETA, qui tue des gens au nom de l'indépendance du Pays
Basque, dit par l'intermédiaire d'un de ses porte-parole
: "Les droits n'ont rien à voir avec les majorités
et les minorités".
Le terrorisme artisanal et celui à haut niveau technologique
se ressemblent terriblement, celui des fondamentalistes religieux
et celui des fondamentalistes de marché, celui des désespérés
et celui des puissants,celui des fous en liberté et celui
des professionnels en uniforme. Ils partagent tous le même
mépris pour la vie humaine: les assassins des cinq mille
cinq cents citoyens broyés sous les décombres
des Tours Jumelles, qui se sont effondrées comme des
châteaux de sable, et les assassins des deux cent mille
guatémaltèques, dans leur majorité indigènes,
qui ont été exterminés sans que jamais
la télévision ou les journaux du monde leur prêtent
la moindre attention. Eux, les guatémaltèques,
n'ont été sacrifiés par aucun fanatique
musulman, mais par les militaires terroristes qui avaient reçu
"appui, financement et inspiration" des gouvernements
successifs des Etats-Unis.
Tous les amoureux de la mort s'accordent aussi dans leur obsession
de réduire en termes militaires les contradictions sociales,
culturelles et nationales. Au nom du Bien contre le Mal, au
nom de l'Unique Vérité, tous sont résolus
à tuer d'abord, à questionner ensuite. Et sur
cette voix, ils finissent par alimenter l'ennemi qu'ils combattent.
Ce sont les atrocités du Sentier Lumineux qui ont pratiquement
donné le jour au président Fujimori, qui avec
un appui populaire conséquent imposa un régime
de terreur et vendit le Pérou au prix de la banane. Ce
sont les atrocités des Etat-Unis au Moyen Orient qui
ont amené, en grande partie, la guerre sainte du terrorisme
d'Allah.
Bien qu'aujourd'hui le chef de la Civilisation soit en train
d'exhorter à une nouvelle croisade, Allah est innocent
des crimes qui se commettent en son nom. En fait, Dieu n'a pas
ordonné l'holocauste nazi contre les fidèles de
Jehova, et ce ne fut pas Jehova qui dicta les massacres de Sabra
et Chatila ni qui demanda d'expulser les Palestiniens de leurs
terres. Peut-être Jehova, Allah et Dieu ne sont-ils finalement
que les trois noms d'une même divinité?
Une tragédie de dupes: on ne sait plus qui est qui. La
fumée des explosions fait partie d'un des plus grand
rideau de fumée qui nous empêche de voir. De vengeance
en vengeance, les terroristes nous obligent à avancer
vers la tombe. Je revois une photo publiée récemment
: sur un mur de New York, une main avait écrit: "Oeil
pour Oeil laisse le monde aveugle".
La spirale de la violence engendre la violence et aussi la confusion:
douleur, peur, intolérance, haine, folie. A Porto Alegre,
au début de cette année, l'Algérien Ahmed
Ben Bella a prévenu: "Ce système, qui a déjà
rendu les vaches folles, est en train de rendre les gens fous".
Et les fous, fous de haine, agissent de la même façon
que le pouvoir qui les a engendrés.
Un enfant de trois ans, appelé Luca, a commenté
ces derniers jours en regardant une carte: "Le monde ne
sait pas où est sa maison". Il regardait une carte.
Il aurait pu être en train de regarder les actualités.
(Merci à Alex de nous avoir communiqué
ce texte)
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SOMMAIRE
DU DOSSIER - SEPTEMBRE 2001 - 2002
NON
A LA LOGIQUE DE GUERRE
Plus de vingt pages sur le 11 septembre, la guerre
en Afghanistan, avec des textes de Tatiana F., des Humains Associés,
Eduardo Galeano, Jay Wilder, une série de lettres de Michael
Moore, des pétitions, et des liens.
Non à l'intervention militaire contre l'Irak ! |
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