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NON À LA LOGIQUE DE GUERRE
2001-2003
C'est sans doute la défaite
d'un tyran : ce n'est pas la victoire de la démocratie ! , par Tatiana
F.
Pas
vu à la télé, vidéo contre la guerre, par Natacha
Pétition
"Pax Humana, ici et maintenant" des Humains Associés
Boucliers humains pour l'Irak
(pages spéciales)
Appel à la conscience
des vétérans aux soldats engagés et aux réservistes
Lettre ouverte au Président
des Etats-Unis, par Sean Penn
L'Autre Amérique,
par Natacha Q-S
Non à
l'intervention militaire contre l'Irak
Hommage aux victimes civiles du 11/09
Non à la logique de
guerre, par Tatiana F.
Le manifeste planétaire
GUIDE DE RESSOURCES
Non à la logique
de guerre (mobilisations, pétitions, liens, etc.)
Suite du sommaire
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[NON À LA LOGIQUE
DE GUERRE]
Quelque part en Terre d'Enchantement
par Michael Moore
Michael Moore et sa femme étaient à Los Angeles
au moment des attentats. Pour rentrer chez eux, et retrouver leur
fille restée à New York,ils n'ont qu'un moyen, prendre
une voiture et traverser les Etats Unis, un voyage de plusieurs
jours. Sur la route, Michael raconte son périple, ses sentiments
et ses réflexions. Nous avons réuni quatre lettres
traduites en français qui circulaient sur la toile.
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Lettres de Michael Moore sur les attentats
Quelque part en Terre d'Enchantement, 15 septembre 2001
par Michael Moore
Chers amis,
Deuxième journée sur la route, de retour
vers New York City Je suis réveillé par le son
de la Bannière Etoilée (1) qui retentit dans le
hall de l'hôtel où nous avons passé la nuit,
à Flagstaff. L' office commémoratif a commencé
dans la Cathédrale Nationale de Washington DC, et il
est diffusé sur la télé du hall. Je descend
voir. Un groupe de Noires âgées le regardent, debout,
les larmes aux yeux. Cela me rappelle un panneau que j'ai vu
en arrivant en ville sur une boutique d'Indiens Hopi : "
Amérique Terre de liberté Pays des braves. "
Vous ne trouverez certainement pas de groupe qui se soit vu
refusé l'accès au Rêve Américain
autant que ces deux-là, et pourtant ils sont aussi affligés
que les autres des attaques de New York. En traversant les réserves
Indiennes de l'Arizona et du Nouveau Mexique, on est frappé
par la pauvreté abjecte de ces lieux, et on se rappelle
les 500 ans de terrorisme sponsorisé par l'état
contre ces gens, un génocide virtuel. Combien de millions
ont été tués par les colons et soldats
américains ? Je ne m'en souviens plus. Mais les conséquences
sont brutalement évidentes dans les cabanes et caravanes
le long de la route 66.
Ma femme et moi nous dirigeons vers la ville et trouvons
une église catholique, San Francisco de Asis, dans laquelle
doit avoir lieu un office pour honorer les morts. L'église
elle-même est remarquable avec ses images matriarcales,
dont une grande peinture murale au dessus de l'autel représentant
Marie et sa mère et sa famille, ainsi qu'une statue d'elle
à la place de l'habituel Jésus crucifié.
Nous restons debout, vu qu'il n'y a plus de place assise
Les minutes s 'écoulent et l'office ne commence pas.
Le prêtre arrive et s'assoit sur le banc du 7e rang, comme
s'il était venu se recueillir au même titre que
les autres. Après un long moment, une personne se lève
de son banc et se met à lire un passage de la bible
mais le texte n'est pas celui sur la vengeance et le bain de
sang. Ca parle plutôt de refondre nos épées
en socs de charrues. Oops, hors sujet !
Nous quittons l'église en nous sentant emplis
d'un immense désespoir. Nous n'avons toujours pas de
nouvelles de nos amis à Manhattan ni de notre amie Barbara
au Pentagone. Nous passons devant une boutique dont le panneau
indique "Armurerie-Epicerie." A la sortie de la ville,
notre téléphone portable sonne. C'est Barbara
et son mari Sam qui appellent de l'extérieur du Pentagone.
Elle me dit qu'elle va bien et qu'il y a une grande roue d'avion
qui dépasse du coté du bâtiment où
elle travaille comme employée de bureau. Le matin du
crash, elle était en retard parce qu'elle avait emmené
Sam à l'aéroport. Je commence à pleurer
de nouveau. Elle me dit merci et " ne t'inquiètes
pas, je vais bien ", et j'entends son mari derrière
qui blague : " c'est une affirmation discutable "
et tous deux éclatent de rire.
Je quitte la route à Winslow, Arizona, et je dis
à Kathleen que je veux la photographier à un virage.
Elle ne comprend pas pourquoi, et comme je sais à quel
point elle déteste les Eagles, je lui dis que c' est
une chanson de Jackson Browne (ce qui est techniquement vrai
; il l'a co-écrite). Elle se prête au jeu, mais
quand elle lira ceci, j' aurais de gros ennuis.
Je suis toujours aussi étonné par le nombre
de gens à la radio et ceux que nous croisons
qui sont totalement opposés à une réponse
militaire bâclée à ce qui s'est passé.
Quoi que puissent dire et montrer les médias, je suis
convaincu qu'il y a une majorité d' Américains
qui, bien qu'ils veulent que justice soit faite et être
protégés d'autres attaques, ne veulent pas que
George W. Bush se mette à jouer les Docteur Folamour.
A propos de Folamour, la semaine dernière a commencé
avec l'un des meilleurs programmes de " 60 Minutes "
depuis longtemps. Ils ont tout révélé :
comment les Etats-Unis et plus particulièrement
Henry Kissinger ont comploté au début des
années 70 pour renverser le président du Chili
démocratiquement élu. Le complot a réussi,
le président Allende a été tué,
et des milliers de Chiliens ont été brutalement
torturés et assassinés. Aujourd'hui, de nombreux
membres du nouveau gouvernement chilien voudraient faire comparaître
Kissinger en justice pour ces actes de terrorisme. Pensez-vous
que les Etats-Unis l'extraderaient ?
Eh bien, cette histoire était complètement
oubliée 48 heures après, aussi vite qu'elle avait
été oubliée 30 ans plus tôt. Certains
d'entre vous m'ont écrit pour me dire, " s'il te
plaît, Mike, ne parle pas de ces histoires, du moins pas
tout de suite. Laisse-nous faire le deuil de nos morts. "
Je suis d'accord. Et je m'excuse auprès de tous ceux
que j'ai pu blesser. Personne ne veut entendre parler de politique
pour le moment sauf nos leaders installés à
Washington. Faites-moi confiance, eux parlent de politique nuit
et jour, et ils discutent entre autres d'envoyer nos gosses
se battre contre quelque invisible ennemi et bombarder sans
discernement les Afghans ou quiconque pourra, selon eux, faire
que nous Américains nous sentions mieux. Etant un de
ces Américains qui se sentent mal, j'estime avoir la
responsabilité de parler et dire ce qui doit être
dit : que nous, les Etats-Unis d'Amérique, sommes coupables
d'avoir commis tant d'actes de terreur et de bains de sang,
que nous ferions mieux de nous renseigner sur la culture de
violence dont nous sommes des participants actifs. Je sais que
c'est dur d'entendre cela en ce moment, mais si moi et d' autres
ne le disons pas, j'ai peur que nous nous retrouvions bientôt
dans une guerre qui ne fera RIEN pour nous protéger de
la prochaine attaque terroriste.
J'ai reçu plus d'e-mails cette semaine que jamais
auparavant environ un millier toutes les quatre heures.
Quatre-vingt-dix pour cent d' entre eux viennent de gens qui
refusent aussi de se laisser entraîner dans une quelconque
forme d'absurdité sanglante, et qui sont d'accord avec
l'idée que nous devons trouver un moyen approprié
de livrer à la justice ceux qui ont commis ces actes.
J'ai été touché par beaucoup de
vos commentaires et je suis désolé de ne pouvoir
y répondre tant que je suis sur la route. Mais je fais
part de vos sentiments avec ceux que je rencontre (et, je dois
le dire une fois de plus, c'est un don des dieux que d'avoir
une invention comme Internet, qui me permet de voyager ainsi
à travers le pays et d'être connecté avec
tant de milliers d'autres Américains et avec tant d'
étrangers qui partagent notre peine et s'inquiètent
de ce que nos leaders vont faire).
Nous franchissons la Continental Divide (2) et Rush Limbaugh
ne cesse de bavarder au sujet de qui nous devrions bombarder.
Il quitte l' antenne, et je suis sûr qu'il est en route
pour le plus proche centre de recrutement pour s'engager
car soyons certains qu'il n'attend pas que votre fils ou votre
fille aille risquer sa vie pour la liberté pendant qu'il
reste simplement assis à savourer son nouveau contrat
à un demi-million de dollars.
En arrivant à Albuquerque, Kathleen feuillette
le guide touristique Frommer's à la recherche d'un endroit
où passer la nuit. Elle trouve un endroit qui à
l'air bien, près du parc national de White Sands, mais
elle tombe sur ce passage : " la route qui mène
à l'hôtel est parfois fermée à cause
de tests de missiles dans les environs. " Oui, bienvenue
au Nouveau Mexique, " Terre d'Enchantement ", juste
un grand terrain d'essais qui vous est présenté
par les créateurs de l' intégralité des
armes de destruction de masse connues de l'homme. Nous optons
pour le Hyatt en centre-ville.
L'hôtel est comme une ville fantôme. "
Toutes les conventions sont annulées ", nous informe
la dame à l'accueil. Je demande au groom combien il y
a de clients ce soir. "9,9 pour cent d'occupation",
me dit-il. Hmmm. Pourquoi ne pas dire 10% ? J'imagine que ce
serait demander trop d'optimisme par une nuit comme celle-ci
J'écrirai de nouveau quand nous aurons atteint notre
prochaine étape, Oklahoma City.
Bien à vous,
Michael Moore
mmflint@aol.com
http://www.michaelmoore.com
PS : Il y a trois jours, j'ai appris de quelqu'un à
ABC News qu'ABC possède une cassette vidéo
un vue du deuxième avion s'écrasant sur la tour
qui montre un chasseur F-16 suivant l'avion à
distance. Je ne vous en ai pas parlé, parce que je n'ai
pas vu cette cassette moi-même et que je ne voulais pas
en rajouter aux rumeurs non-fondées. La télévision
vient de faire savoir que le gouvernement a admis avoir fait
décoller des avions de combats quand ils ont su que des
avions s' étaient écartés de leur itinéraire
A partir de maintenant, je transmettrai les informations
censurées que je reçois à tous ceux d'entre
vous dans les grands médias qu'on empêche de faire
leur travail.
Cela devient-il plus clair à présent qui l'avion
qui est tombé en Pennsylvanie a été abattu
pour l'empêcher de frapper sa cible ? La vérité
est navrante, insupportable mais elle doit nous être
dite. Un peuple libre ne peut prendre une décision éclairée
s'il on le laisse dans le noir. Ecoutons TOUTE la vérité
MAINTENANT.
(1) The Star Spangled Banner : hymne des USA (NDT)
(2) The Continental Divide : ligne des partage des Montagnes
Rocheuses (NDT)
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SOMMAIRE DU DOSSIER - SEPTEMBRE
2001 - 2002
NON
A LA LOGIQUE DE GUERRE
Plus de vingt pages sur le 11 septembre, la guerre
en Afghanistan, avec des textes de Tatiana F., des Humains Associés,
Eduardo Galeano, Jay Wilder, une série de lettres de Michael
Moore, des pétitions, et des liens.
Non à l'intervention militaire contre l'Irak !
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