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Il s'agit désormais de convaincre les
plus récalcitrants afin de créer ensemble de la
richesse
Très marginaux l'an dernier, les débats sur la société
de l'information, la démocratisation des médias,
les mouvements sociaux sur le Net
ont trouvé leur
place au sein de l'édition 2002 du FSM. En théorie
Car certains séminaires dédiés à ces
différentes thématiques ont été annulés
à la dernière minute.
Cela donnerait-il raison à ceux qui pensent que la problématique
des systèmes d'information alternatifs n'est en rien une
priorité au regard de l'ampleur de la tâche (annulation
de la dette, instauration de la taxe Tobin, etc.).
Les quelques représentants de sites Internet
ou d'associations travaillant à l'appropriation des NTIC
par la société civile ne partagent évidemment
pas ce point de vue. "Le contrôle citoyen de la communication
constitue un réel enjeu dans la lutte contre le libéralisme
et un réel contre-pouvoir. C'est un enjeu qui va de pair
avec celui du droit à l'initiative économique alternative",
affirme Joëlle Palmiéri, Déléguée
générale de l'Apress (Association pour la promotion
de l'économie sociale et solidaire). Car face au marché
de la communication et aux stratégies de concentration
et de monopole des multinationales, quel modèle économique
proposer ?
Toujours pour Joëlle Palmiéri, il s'agit "d'identifier
les véritables richesses et contrer le libéralisme
sur son terrain, l'économique". Elle ajoute : "face
à un monde 'financiarisé', je me place sur le terrain
indivisible de la démocratie en termes politiques, économiques
et sociaux. Il faut reconnaître en nous nos savoir-faire
et les valoriser autrement que financièrement". A
noter que cette réflexion fait écho aux travaux
de Patrick Viveret, sociologue chargé par le Secrétariat
d'Etat à l'économie solidaire d'écrire un
rapport sur les nouveaux indicateurs de richesse. Un séminaire
lui est du reste consacré.
Enjeux idéologiques
Société de l'information, enjeu idéologique
! C'est en effet ce que l'on peut retenir des interventions des
différents participants au séminaire sur "l'appropriation
et le contrôle par la société civile des NTIC".
Face à la concentration des médias, ces derniers
affirment le droit à la communication ; face à la
"marchandisation" de l'information, ils opposent le
partage social, culturel ou éducatif. "La notion de
propriété intellectuelle ne joue pas en faveur des
citoyens. Or, la société de l'information est un
bien commun mondial", explique Sean O'Siochru du CRIS (Communication
rights in the information society).
Cette plate-forme a pour but de mutualiser les énergies
allant dans le sens de la démocratisation de l'information
et de son appropriation en vue d'organiser des actions politiques,
renforcer la citoyenneté et protéger la diversité
culturelle et intellectuelle. En point de mire du CRIS, le sommet
mondial sur la société de l'information qui se tiendra
à Genève en 2003. L'organisation entend mener campagne
afin que la société civile s'implique dans la préparation
du sommet et prenne une place de choix dans les débats
Pari loin d'être gagné au regard du précédent
que constitue la Dot force.
En juillet 2000, le G8 conviait des représentants de la
société civile de chaque pays à créer
un groupe d'experts chargés de préparer des propositions
pour réduire la fracture numérique entre le Nord
et le Sud. Plusieurs mois plus tard, le plan d'action du groupe
baptisé Dot Force était ratifié par le G8
mais sans engranger de mesures concrètes
C'est en
tout cas l'écho qu'en ont donné la plupart des participants.
A quelques exceptions près. Anvracha Vittachi appartient
à l'ONG One world dont l'objectif est de développer
le potentiel démocratique de l'internet en matière
de droits de l'homme, développement durable, lutte contre
la pauvreté, etc.
Représentante de la Grande Bretagne à la Dot force,
elle témoigne : "Grâce à la Dot force,
un pays comme l'Inde s'est un peu réveillé. Nous
suivons le démarrage d'un projet de réseaux ouverts
de connaissance ; les premières réunions auront
lieu prochainement". Il faut dire que face aux propos tenus
par certains intervenants du séminaire sur la nécessité
d'être ambitieux face à l'enjeu de la démocratisation
de la société de l'information, Anvracha promeut
une autre stratégie : "notre travail, c'est de créer
un espace pour que les citoyens s'expriment.
Quoi en faire ?
Nous n'avons pas les réponses. A chacun de trouver sa propre
créativité, le tout dans une ambiance joyeuse
Menons des actions concrètes ensemble mais dans la bonne
humeur". Des propositions concrètes Anvracha n'est
pas la seule à exprimer son attente d'actions concrètes
et de propositions. Ainsi Pierre Johnson, appartenant au collectif'
Agora dont l'objectif est de mettre à disposition durant
le FSM des outils et des méthodes pour faciliter la coopération
et le montage de projets (forums et listes de discussions multilingues
et interculturels, espaces web partagés, bases de données,
etc.), rappelle : "Nous devons construire un monde, pas créer
un événement. Et ce nouveau monde passe par de nouveaux
modes de communication". Des actions menées ici et
là dans le monde, tel que Global CN, rassemblement international
de groupes qui travaillent sur la démocratisation des NTIC
ou la multiplication des débats à POA sur ce thème
montrent qu'une frange de la société civile a pris
conscience de l'enjeu.
Il s'agit désormais de convaincre les plus récalcitrants
afin de créer ensemble de la richesse. "Car, conclut
Joëlle Palmiéri, ce n'est pas une affaire de spécialistes
mais de nous tous et de la solidarité qui nous réunit
ici".
Anne Dhoquois, Mediasol
One
world
CRIS
Apress :
Le Rapport Viveret
Source : Ciranda-
Farandole Internationale de l'Information Indépendante
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