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[PORTO ALEGRE 2002]
L'Empire contre-attaque à Doha

 

 

Outra Palavras (D'Autre Mots), Lundi, le 26 novembre 2001 - nº 17- bulletin en ligne du portail Porto Alegre 2002.

 

I — LE MONDE DES MARCHANDISES OU CELUI DES DROITS?

L'Empire contre-attaque à Doha

Effarouchés par la crise économique, les EUA et les grandes transnationales ont réussi à ratifier lors de la rencontre de l'OMC, au Qatar, des résolutions qui peuvent radicaliser la mondialisation néolibérale. Outras Palavras va essayer d'expliquer, à partir d'aujourd'hui, comment cela a été possible — et comment nous devons faire face à cette menace. Lisez-le à la fin de ce bulletin.

Les mouvements unifient leurs stratégies contre la ZLEA

Réunis pendant quatre jours à La Havane, les mouvements sociaux les plus importants de l'Amérique Latine ont décidé, ensemble, les prochaines initiatives à prendre contre la Zone de Libre-Échange des Amériques (ALCA en anglais). La déclaration finale, "Construyamos Americas solidarias" (Construisons des Amériques Solidaires), définit un plan d'action précis, élaboré par le MST (Mouvement des Sans Terre), par des intellectuels, par les Avós da Praça de Maio (les Grand-mères de la Place de Mai), et par les plus importantes centrales syndicales et organisations d'étudiants du continent.

Des groupes de travail ont été créés pour proposer des formes solidaires d'intégration, à partir des expériences locales d'insertion économique et de démocratie directe. Des brigades ont été formées pour "alphabétiser" les militants contre la ZLEA. On a aussi décidé de faire un plébiscite pour que les peuples du continent puissent dirent s'ils veulent ou non la zone de libre-échange. (en espagnol)

La liberté de connaître vs la liberté de commerce

Une rencontre entre des groupes de paysans, des ONGs et des chercheurs — du Bangladesh, du Cambodge, de l'Inde, de l'Indonésie, du Japon, des Philippines, de Suède, du Brésil, de l'Australie et de la Thaïlande — a discuté au début de ce mois-ci les menaces que la biodiversité a subi. La rencontre a eu lieu dans la ville thaïlandaise de Banna, elle a fixé les axes de l'action à entreprendre dans le but d'approfondir les connaissances des communautés paysannes, ce qui reste encore le meilleur antidote à la liberté oppressive des 'breveteurs' de la vie, dans l'opinion de ceux qui ont participé à la rencontre. (en anglais)

 

II — LA NATURE DANS UN CATALOGUE DE VENTES

Le Cheval de Troie de l'agriculture

Le terme au-dessus de tout soupçon et même fort sympathique de 'aide alimentaire' cache une arme employée par les États-Unis pour déverser des aliments transgéniques dans les pays du Sud de la planète. C'est ce que dénonce la Rede por uma América Latina Livre de Transgênicos (Réseau pour une Amérique Latine Libre de Transgéniques).

Selon un rapport publié à la mi-octobre, le mécanisme, apparemment bénéfique pour les pays du Sud, est une sorte de Cheval de Troie de l'agriculture. L' "aide" consiste à accorder des financements à longue échéance aux pays en voie de développement pour acheter des aliments américain, modifiés génétiquement.

Les manœuvres politiques et économiques commencent avant même l'arrivée de la nourriture. D'après le texte, ce sont deux les conditions pour que les candidats aient droit "à l'aide" : qu'ils réduisent les importations de produits similaires aux proposés et qu'ils acceptent que la cargaison soit transportée par des bateaux des USA.

La subtilité américaine quand il s'agit de modeler la géopolitique planétaire n'a pas de bornes. Selon le document publié, le choix des pays candidats au programme répond à deux facteurs. Ceux qui viennent de connaître des catastrophes naturelles et ceux qui traversent des turbulences politiques. Comme ils correspondaient à ce dernier critère, les pays de l'Est de l'Europe ont été les cibles les plus importantes de cette "aide alimentaire" dans les années 90. La raison? "Aider la transition vers l'économie de marché", nous rappelle le texte.

Mais avec la résistance croissante du consommateur du premier-monde aux transgéniques, des programmes comme celui-ci deviennent un canal ad hoc pour leur donner flux. Non seulement c'est une atteinte à la souveraineté alimentaire des pays concernés par le processus, mais encore, le document nous le signale, il y a les deux autres résultats désastreux du programme: la diminution de la production agricoles du marché interne, ce qui rend l' 'aidé' otage des importations; cela protège le marché interne américain, qui le travestit comme un subside dissimulé. (en espagnol)

Ce sont les OGMs qui vont définir leurs propres limites?

Les nations vont établir les lois sur les OGMs, pour pouvoir les contrôler; ou ce sont les lois qui vont s'adapter à un monde où il n'y aura que des aliments génétiquement modifiés? L'activiste et écrivain canadienne Naomi Klein soulève cette question au nom des mouvements qui se battent pour la sécurité alimentaire.

À partir d'exemples concrets, Mme. Klein suggère que la tactique des corporations qui détiennent les brevets des aliments est de disséminer complètement toutes leurs espèces, rendant impossible la consommation de produits organiques. L'activiste parle de certains cas comme celui du maïs StarLink, approuvé par les EUA pour servir de pâture animale, mais considéré "pas conforme pour la nourriture des hommes".

On a pu démontrer que ses graines étaient en train de contaminer les plantations conventionnelles. La question lui étant posée, Aventis, l'entreprise qui a le brevet, a proposé la chose suivante: s'il n'est pas possible de séparer le StarLink des produits organiques, alors pourquoi ne pas le libérer pour la nourriture humaine? (en espagnol)

 

OMC - SPÉCIAL (I)

L'Empire contre-attaque à Doha

Effarouchés par la crise économique, les EUA et les grandes transnationales ont réussi à ratifier lors de la rencontre de l'OMC, au Qatar, des résolutions qui peuvent radicaliser la mondialisation néolibérale. Il faut comprendre comment cela a été possible, — et comment nous devons faire face à cette menace

C'était comme si dans un match de foot un but illégal était marqué par l'équipe de l'ennemi, pendant la prolongation où l'arbitre, les propriétaires du stade, les sponsors et la police ont pendant tout le temps agi contre nous, mais pourtant nous nous sommes battus jusqu'à l'avant-dernière minute. Dans l'après-midi du 14 novembre, à Doha (Qatar), vingt-quatre heures exactement après l'heure prévue au départ par l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), celle-ci a clôturé sa quatrième Réunion Ministérielle. Au contraire de ce qui s'est passé à Seattle, il y a un peu moins de deux ans, la Maison Blanche, les représentants des grandes transnationales et les gouvernements qui s'orientent par la logique des marchés avaient un grand sourire aux lèvres. L'OMC est autorisée à commencer un vaste round de négociations commerciales entre ses 142 membres.

L'ordre du jour des travaux indique de façon nette la radicalisation d'un certain type de mondialisation, celui qui concentre d'une façon chaque fois plus dramatique le pouvoir, la richesse, l'accès aux connaissances. Exactement comme nous l'avions écrit ici dans Outras Palavras, le poids des États-Unis a été décisif pour arracher au forceps un tel résultat. Les autorités brésiliennes on joué un rôle vraiment peu édifiant. Soutenues tout le temps par les médias, elles ont rompu le bloc des pays du Sud qui tentait d'empêcher la tournée; et en même temps, elles ont tout fait pour transformer un échec évident en victoire tonitruante. Néanmoins, le triomphe de l'Empire n'est pas du tout définitif. Le mouvement international contre le néolibéralisme montre qu'il va réagir. En plus de tout cela, les concessions faites par les grands seigneurs pour garantir que le dénouement soit favorable à Doha peuvent créer de sérieux problèmes dans plusieurs pays. Si les forces qui luttent pour un monde nouveau sont capables de mieux s'harmoniser, les prochains combats peuvent connaître un autre dénouement. Plus que jamais, lutter pour que les choses prennent un autre cap sera une aventure bouleversante.

Une manipulation grossière...

Intéressée dans le fait que la réunion du Qatar soit comprise telle qu'elle est — celle d'une réaction des élites mondiales à l'importance que prend le mouvement contre la mondialisation capitaliste - , la majorité des médias a essayé de présenter la résolution finale de la rencontre comme une victoire des pays pauvres, et même comme si elle était une autocritique pratique des positions précédentes de l'Organisation Mondiale du Commerce. Dans certains pays comme le Brésil, ce tour de force a frôlé le grotesque. Des journalistes présents à Doha se sont donnés du mal pour inverser le sens de ce qui a été approuvé. Ils ont transformé la victoire partielle des pays du Sud dans leur lutte contre les brevets pharmaceutiques de médicaments (un fait incontestable, mais secondaire comme nous le verrons par la suite) dans "grande décision" de l'OMC. Ils ont agi soit dû à une ignorance inaccoutumée, ou par le désir alors beaucoup moins exceptionnel de faire plaisir au Palácio do Planalto (NdT-siège du gouvernement du Brésil) et au nom d'une candidature présidentielle bien précise...

... et un agenda qui ne sert qu'aux patrons de la richesse

Pour démontrer combien sont fausses ces analyses, il vous suffit de lire la déclaration finale qui a été approuvée. Les 52 paragraphes sont truffés de louanges à l'ouverture commerciale qui a marqué le néolibéralisme et l'OMC même, qui auraient "contribué de façon significative à la croissance économique, au développement et à la multiplication de l'emploi ces dernières quinze années"... Les résolutions essentielles approuvées sont en syntonie avec cette pensée. Parfaitement résumées dans un document d'analyse de l'ATTAC France, elles répondent absolument aux revendications formulées par les grands lobbies des transnationales intéressés à "libéraliser" le commerce coûte que coûte:

>> 1. Jusqu'au 31 janvier 2002 toute une série de négociations seront entamées dans le but d'ouvrir, dans tous les pays-membres de l'OMC, le secteur de services à la concurrence internationale. Ce pas était exigé par les grands groupes mondiaux intéressés dans la privatisation et/ou la dénationalisation des activités telles que l'Enseignement, la Santé, la Sécurité Sociale, l'Eau, l'Assainissement, l'Énergie, les Institutions Financières, les Assurances, le Tourisme, la Construction Civile, l'Aide Judiciaire, activités qui jusqu'à présent sont réglementées par des lois nationales qui protègent les entreprises et les professionnels de leurs pays.

>> 2. À partir du 31 mars 2003, va commencer une "ouverture" des marchés agricoles bâtie en bénéfice des multinationales des agro-affaires et de la biotechnologie — et non des paysans des pays pauvres. Si on y parvient, les droits sociaux acquis par les agriculteurs des pays riches seront atteints et les marchés seront ouverts aux aliments produits massivement (sans aucun respect pour l'environnement et les cultures régionales; sans presque employer de la main-d'œuvre ou faisant recours au travail précaire) dans des vastes propriétés. Les principes de la multifonctionnalité de la terre et de la souveraineté alimentaire ont été rejetées, des principes qui étaient défendus par des organisations telles le MST au Brésil, la Confédération Paysanne en France et la Via Campesina.

>> 3. Quant au développement industriel, la réunion a refusé la revendication de l'Inde et de six pays d'Afrique, qui demandaient une sorte d'expertise des résultats de l'ouverture commerciale engagée à travers la réduction des taux d'importation. Les sept nations avaient l'intention de démontrer que ce mouvement est en train d'obliger le Sud à démanteler sa production, ou encore, de se tourner de plus en plus vers une production de biens chaque fois moins élaborés, puisque les pays du Sud n'ont pas les moyens de concurrencer avec les biens sophistiqués produits dans les pays riches et dans des conditions beaucoup plus avantageuses.

>> 4. L'OMC pourra entamer des négociations pour faire approuver un accord de protection des investisseurs. La décision ressuscite le fantôme de l'ancien Accord Multilatéral d'Investissements (AMI), qui cherchait à subordonner les décisions des sociétés et des États aux intérêts des grandes corporations. Pas ratifié en 1998, cet accord établissait par exemple, le droit des entreprises d'exiger des indemnités des États, toutes les fois que des lois promulgués dans le sens d'élargir les droits sociaux, ou la défense des droits des consommateurs ou la protection de l'environnement pouvaient réduire leurs marges de bénéfices.

>>5. Aucune mesure n'a été prise pour revoir les mécanismes créés par l'OMC pour le règlement des différends entre les pays-membres. Les décisions sont considérées antidémocratiques, pas transparentes (la plus grande partie des jugements sont secrets) et donnent toujours raison au Nord.

Pour que tout un ensemble aussi vaste de résolutions qui favorisent les déjà favorisés soit approuvés, la réunion ministérielle a fait des humbles concessions aux pays du Sud. Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.


Outras Palavras (D´Autres Mots) est le bulletin en ligne de mise-à-jour du portail .portoalegre2002.org
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Référence : Outra Palavras (D'Autre Mots) - n°18 - Lundi, 26 novembre 2001
Reproduit par Cyberhumanisme avec l'accord du site.


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