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Manifestation pour les femmes afghanes à Paris,
Place de la République. Plusieurs manifs partent en même
temps, mais dans différentes directions ce samedi 26
septembre. Devant la banderole, les médias autour de
deux femmes se donnant la main, mais pas nimporte quelles
femmes : deux femmes portant le tchadri. En les voyant, on se
rend compte en deux secondes que limage est violente à
Paris avec toutes ces femmes autour. On ne voit pas les femmes
cachées, sans visage, elles semblent toutes deux identiques.
Cest comment une manifestation conduite seulement
par des femmes ? À linstar de la Marche des
Femmes, tout le monde participe en souriant. On se parle,
on saide à suivre les paroles des chants militants.
Il y a des Afghanes, Algériennes, des Belges, et même
une Américaine qui tient un panneau "les amis américains
de Negar soutiennent les Afghanes" (American friends
of Negar Support Afghan women), alors quon attend
dun moment à lautre la riposte des Etats-Unis.
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À lunisson, toutes les voix scandent "Ni
taliban, ni bombardements", toute le monde réclame
des droits pour les femmes en Afghanistan, la paix et des représailles
épargnant les populations civiles. Et surtout que lONU
noublie pas les droits des femmes lors des futures négociations
de paix.
Porte Saint-Martin, le boulevard Poissonnière
monte légèrement, et lon peut voir létendue
de la manif. Lune des organisatrices passe la nouvelle,
il y a environ 6 000 personnes qui manifestent, des syndicalistes,
des présidentes dassociations, des partis politiques,
des militants des droits de lhomme, et des féministes.
Parmi les femmes qui démarrent la manifestation
la présidente de lassociation Negar-Soutien
aux femmes d'Afghanistan, Shoukria Haidar, réfugiée
depuis une vingtaine dannées en France : "Les
Afghans seuls ne peuvent se débarrasser des taliban ou
de Ben Laden. Depuis le 11 septembre, le silence international
autour de l'Afghanistan est brisé, la communauté
internationale doit intervenir, mais que l'on tienne compte
des populations civiles", demande-t-elle. Pour elle "bombarder
ne sert à rien, il faut travailler avec les résistants
du Nord". À quelques mètres, justement, des
sympathisants du commandant Massoud, assassiné par les
Taliban, la veille des attentats en Amérique, portent
une photographie pour rappeler son souvenir. "Nous vivons
une période particulière, nous obligeant à
voir que nous, Américains, ne sommes pas seuls au monde,
à nous pencher enfin sur le sort de victimes innocentes
de l'injustice, comme les Afghans", explique Barbara Daniels,
religieuse native de Manhattan, qui avoue redécouvrir
la question afghane. Sur Barbara se réjouit de
voir le président George Bush consulter la communauté
internationale : "Il avait mal commencé, avec son
discours sur la croisade". Jacqueline Penit-Soria,
biologiste au CNRS dit :"Il faut trouver des solutions
politiques et économiques. Un massacre de civils alimenterait
le terrorisme".
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Tatiana Faria, des Humains Associés, chante
les slogans et pourtant elle est particulièrement émue
par la mort de "son ami Massoud". Elle rappelle "partout
où les extrémismes sévissent, les femmes
sont les premières opprimées. Notamment, elles
sont frappées par la pauvreté. Sur la planète,
un milliard trois cent millions de personnes, dont 70 % de femmes,
vivent dans la pauvreté absolue". Tatiana ajoute
"dans notre dossier sur les femmes afghanes, est
référencé le rapport que Negar a rédigé
pour l'Europe (1998) qui décrit ce qui se passait
là-bas, il est précisé par exemple que
40.000 veuves de Kaboul sont réduites à la mendicité,
que lenseignement et les soins ne peuvent plus être
assurés correctement. Depuis longtemps, on savait ce
qui se passait !" conclue-t-elle.
Ce peuple, ces femmes et ces hommes qui ont tant souffert
pendant des années dans une cruelle indifférence
générale, sort seulement aujourdhui de lombre
occidentale. Et lon se sent honteux que nos pays aient
été complices de ce régime pendant si longtemps
Et les participants de la manifestation continuent de scander
: "Sans droits des femmes, pas de démocratie"
!
Natacha Quester-Séméon
(Avec des extraits dune dépêche
AFP)
PS : Vous pouvez signer le Manifeste
de soutien à la Déclaration des droits fondamentaux de la
femme afghane (association Negar)
Photos libres de droit (voir page
spéciale, toutes les photos en grand format - 400 K):
Photos des Humains Associés/Natacha Quester-Séméon,
reproductions autorisées (libres de droit) pour une utilisation
non commerciale.
Mentionner les crédits suivants : " Les Humains
Associés/Natacha Quester-Séméon, cyberhumanisme.org
(http://www.cyberhumanisme.org)
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