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En ces temps de "Survivors"
et de "Loft Story", une petite parabole a votre
reflexion, Patrick Honnore |
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Dans une station de television, une presentatrice d'emission
stagiaire. Elle
est en train de suivre differents entrainements et tests de formation.
Entrainement a la lecture spontannee en situation de direct des
textes qui
defilent a cote de la camera (appelle-t-on encore cela un teleprompteur?).
Simulation d'emission meteo. Ce n'est pas elle qui redige les
textes qui
defilent sur le teleprompteur. C'est un redacteur specialise.
Parce que meme
un texte annoncant le temps qu'il fera demain est un petit bijou
de
redaction marketing: faire passer l'information, certes, mais
sous une forme
qui fixe le spectateur sur cette chaine, lui donne envie de voir
la meme
emission le lendemain, et lui fait regarder l'ecran avec une veritable
attention, car les sponsors veulent etre surs que le budget publicitaire
qu'ils investissent se traduit par une veritable exposition de
leur marque
aupres du public. Si le spectateur ne regarde que d'un oeil et
n'ecoute que
d'une oreille, c'est de l'argent jete par la petite fenetre. L'emission
simulee pour le test de ce jour-la est supposee ciblee public
familial de
bon ton. Les textes sont donc tres scientifiquement rediges en
fonction: un
tiers d'information, un bon tiers de calme et de securite, un
tiers de gaite
pas trop lourde, et un tout petit tiers de subtil decallage semantique
pour
donner l'impression qu'on a mal entendu et faire tourner la tete
vers le
poste. C'est qu'on n'est plus au temps de la tele de papa qui
ronronnait
paisiblement, figurez-vous. Et meme le texte d'une annonce meteo
ne saurait
etre laisse sous la responsabilite du premier venu.
Le programme d'entrainement de cette presentatrice stagiaire de
direct a la
tele est plus severe que celui des pilotes de la navette spaciale
(je n'ai
pas dit que c'etait une chaine de tele francaise. En France, les
sponsors
semblent encore tres cools et pas tres exigeants en matiere de
professionalisme des presentatrices et des producteurs des emissions
qu'ils
financent). Elle est soumise a toutes sortes de situations plus
imprevisibles les unes que les autres : cameras qui changent d'angle
de
prise de vue dans un ordre different de ce qui etait prevu, teleprompteur
qui tombe brusquement en panne, araignee en plastique au bout
d'un fil
devant son nez... Parmi tous les pieges et situations d'urgence
auxquels
elle doit apprendre a faire face, celle-ci: les textes peuvent
etre prepares
dans la minute qui precede le passage a l'antenne. La presentatrice
doit
donc s'entrainer a lire un texte qu'elle n'a pas dechiffre avant,
avec
naturel. Ce jour-la, en simulation de direct, le teleprompteur
deroule le
texte suivant:
Demain, pluie sur l'ensemble du territoire / N'oubliez pas votre
parapluie
si vous ne voulez pas etre tout mouille / Comme moi maintenant
Va-t-elle bafouiller? Rougir? Va-t-elle le dire sans comprendre
vraiment ce
qu'elle dit? Va-t-elle comprendre et conciderer que le producteur
de
l'emission sait ce qu'il fait? Que ce sont les regles du jeu?
Qu'elle ne
fait que son metier apres tout? Va-t-elle tout de meme en garder
un gout
amer? Va-t-elle se dire qu'il n'y pas de quoi fouetter un chat
et oublier
l'incident? Va-t-elle protester aupres du producteur pour harcelement
sexuel? Et dans cette derniere hypothese, le fera-t-elle en interrompant
le
test ou apres qu'il soit fini?
Le producteur, qui d'ailleurs, dans cette parabole, est une productrice,
(la
redactrice du texte aussi et meme tout le personnel et les techniciens
impliques dans cette simulation sont des femmes), se defendra
en disant que
c'est une situation de test, que cette situation extreme n'a aucune
chance
de se produire en situation reelle dans une emission qui est,
rappelons-le,
serieuse, ciblee grand public familial traditionnel, pour la simple
raison
que cela risquerait de contrarier les sponsors, tres a-cheval
sur la
correction morale de l'emission en rapport a leur cible, etc.
Les images qui
ont ete prises pour les besoins du test ne sont en aucun cas destinees
a
etre diffusees, et d'ailleurs, la productrice lui propose de lui
remettre
toutes les bandes du test et de faire verifier par huissier qu'il
n'en est
conserve aucune copie (c'est une vraie parabole, dites donc...).
Au bout du
compte, la stagiaire elle-meme comprend que ce n'etait certainement
pas du
harcelement sexuel. Il s'agissait uniquement et professionnellement
de la
mettre dans une situation embarrassante pour l'entrainer a se
sortir de
toutes les situations. Elle reconnait la valeur pedagogique du
test de ce
point de vue. D'ailleurs, la productrice lui indique que compte
tenu du
concept, de la cible et du positionnement de l'emission, ce dont
la
stagiaire avait ete informe, une meilleure reaction a la situation
aurait
ete de remplacer du tac au tac la phrase du teleprompteur par
celle-ci:
Demain, pluie sur l'ensemble du territoire / N'oubliez pas votre
parapluie
si vous ne voulez pas etre tout mouille / Non non je ne dirai
pas plus ha ha
solution que les psychologues de l'agence de pub et directeurs
du marketing
des sponsors jugent en tout point satisfaisante.
A ce moment de la parabole, Jean-Pierre se tourne vers ses disciples
en
disant: "interrogation ecrite surprise. Sujet: Concevez une
revision
constitutionnelle instituant le statut et les droits de l'homme
de l'image"
PH
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| Loft Story - Jean-Rémi |
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Avec LoftStory, le mur du son de la betise
est largement depasse. Que de chemin parcouru depuis le poetique
Arroseur arrosé des freres Lumiere.
Jusqu'au pire, jusqu'a la nausee, celui de la trash-TV. Ce reflux
du neant, comme l'aurait dit Antonin Artaud, cette visualisation
grossiere de la vie, nous assassine de ses reflets. Ces cameras,
qui pretendent capter le reel -- comme
si nous savions ce qu'il est -- ces machines a l'oeil bute,
ne s'averent au fond capable que d'enregistrer un
univers mort, illusoire et tronconne (...). Le monde imbecile
des images pris comme a la glu dans des myriades de retines.
Des myriades de cerveaux amorphes qui se repaissent de voyeurisme
pour les uns, d'experience passionnante de sociologie pour les
autres. Je n'y vois guere pour ma part qu'une distraction au sens
etymologique d'etre tire hors de soi, une negation de Soi. Une
negation de notre dignite humaine. Le simulacre des prisonniers
de l'inutile. LoftStory m'apparait comme le chaos d'une societe
qui a perdu le Nord. Qui ne se voit plus elle-meme. Je refuse
d'etre complice d'un tel aveuglement. Oui au chaos que l'on porte
en soi si c'est pour accoucher d'une etoile qui danse.
Non, si c'est pour mettre en scene le pire de nous-memes.
Jean-Remi
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Loft Story "Le Cauchemar climatise ",
cyber bourik
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Garde a vue
Pauvres que nous sommes
Pauvres de nous !
Si pauvres de nous-memes
Seul nous fait exister le regard de l`autre sur nous-memes
et vice versa
Dusse t-il passer par l`oeil de la camera
Voir et etre vu
Pas vu, pas pris, pas de prise
Mais pris, mepris, meprise
Pris au piege, mis en cage, mise en image
Prisonniers volontaires, demissionnaires,
Au garde a vous, en garde a vue
Je te garde, tu me gardes a vue
Je te joue, tu me joues
Le premier qui ne joue plus n`aura pas perdu
Il aura retrouve la dignite et le respect de soi
Riche de lui-meme.
:)
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| Loft story......ou les Shadock en
action, Dominique Ronfet |
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Loft story......ou les Shadock en action.
Vous rappelez vous cette merveilleuse serie d'animation dans
les annees 70 ou nous pouvions voir s'activer sur la planete Shadock,
ces petites "bestioles" dans de vastes operations absurdes
et ridicules de notre point de vue, mais tres justifiees du leur
?
"Et les Shadock pomperent..."
Ahhhh, combien il serait salutaire qu'ils reviennent !
"Et les Shadock pompaient...pompaient...et s'ennuyaient tellement
qu'ils
deciderent de mettre plusieurs Shadock dans une boite et de les
regarder vivre. Et cela les fit tellement rire les Shadock que
leur planete se mit a trembler, rouler dans le vide spatial...puis
tomber."
Cela serait sans doute un vrai scandale audiovisuel (rappelons
nous celui de leur parution).
Pas ce minuscule 'rond dans l'eau' que represente l'evenement
televisuel de Shadock regardant d'autres Shadock enfermes dans
une boite.
Et les Shadock pompaient...pompaient...leur malheureuse planete
qui se mit a se degonfler.
Mais les autorites monetaitero-visuelles oseraient-elles cette
provocation ?
...et les Shadock pompaient...pompaient...
en Somme.
Dominique Ronfet
SOMMAIRE DU DOSSIER LOFT-STORY, LE CAUCHEMAR CLIMATISÉ

Guide de ressources critiques sur le phénomène
télé-prison
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Du 10 mai au 6 juillet 2001
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