Matière à penser

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Le cybermonde canal de la conscience planétaire ?

     Les réseaux électroniques sont l’un des supports de la mondialisation, mais pourraient-ils devenir également le socle d’une conscience planétaire, en permettant aux hommes de se relier les uns aux autres, et de conduire une réflexion commune ?

     Voilà cinq ans que nous sommes présents sur le Net et que nous nous interrogeons à ce sujet. Le but de notre cercle virtuel de réflexion (la liste de diffusion " cyberhumanisme ") est de rassembler les internautes qui partagent ces préoccupations et de nous enrichir de nos points de vue respectifs. Les thématiques traitées par notre liste sont les suivantes : arts, sciences, philo, éthique, poésie, écologie, (dés)équilibre nord-sud, technologies.


     Qu’entendons-nous par cyberhumanisme ? Il s’agit d'un mouvement d'esprit qui se préoccupe de la place de l'homme, de sa valeur et de la dignité humaine à l’ère des nouvelles technologies, en s’appuyant sur une vision globale du monde. Les penseurs de la Renaissance, tels que Pico della Mirandola, aspiraient à une élévation de l’Homme par la connaissance.

     L’avènement de l’imprimerie apportait un espoir, celui de partager entre tous les connaissances humaines, jusqu’alors inaccessibles. Aujourd’hui, la question se pose avec la même insistance, même si le mot " imprimerie " doit être remplacé par " Internet " : le réseau pourrait être un moyen de partager information et connaissances à l’échelle mondiale. Mais, nous sommes encore loin de pouvoir concrétiser une telle aspiration.

     Il y a plus de lignes téléphoniques installées dans l'île de Manhattan (New York) que dans toute l'Afrique noire. Et plus de 80 % des internautes sont blancs et vivent dans les pays occidentaux. Chaque jour, le gouffre séparant les branchés et les débranchés s’élargit. Il y a d’un côté l’info-riche, qui accède à une information abondante et rapide, et de l’autre l’info-pauvre qui se situe dans les pays du Sud ou dans les milieux défavorisés des pays du Nord. Ce dernier n’a pas sa place dans le cybermonde et se trouve victime d’une fracture culturelle quasi-irréversible qui menace la diversité des cultures et de l’information.


     Notre questionnement ne concerne pas seulement l’Internet. Il se porte également sur les impacts philosophiques, sociétaux, économiques et culturels d’une virtualisation de la société ?


     L'Internet, figure de proue de la révolution numérique, n'est que la partie immergée de l'Iceberg " techno-scientifique ". La civilisation occidentale avance coûte que coûte vers le progrès et les conquêtes scientifiques et technologiques ont une influence sur les arts, les structures sociales, l’environnement et la façon dont nous percevons et comprenons le monde.

     En un mot, la technologie touche à la condition humaine. La question de savoir si l'on veut de l'informatique, des biotechnologies, de la mondialisation, etc., est dépassée, dans la mesure où tout cela fait d’ores et déjà partie intégrante de notre société.

     Certains scientifiques nous annoncent de nouveaux développements dans les domaines de la bio-robotique, de la génétique ou du colonage, pour ne parler que de ceux-là, tandis que d’autres, redoutent certaines dérives et évoquent tout à fait sérieusement la possibilité d’une guerre entre l’Homme et la machine (voir Le cosmisme : Nano-électronique et guerre idéologique globale du XXIe siècle, par Hugo de Garris) dans un avenir somme toute assez proche. Bien sûr, tout n’est pas noir dans cet avenir, mais l’humanité devra faire des choix.


     Cela signifie-t-il pour autant qu'aucune critique constructive ne soit possible et qu'aspirer à un autre modèle de société soit une douce rêverie ? Nous pensons que non, et qu'il est encore temps de réfléchir et de faire des propositions. Et de s’orienter vers un ré-enchantement du monde. Nous sommes capables du pire mais aussi du meilleur, comme le dit notre Manifeste Planétaire.


     Est-il aujourd'hui possible de rêver à une éthique universelle qui respecterait notre droit à une information plurielle, représentative des cultures humaines, et qui partagerait les connaissances et le patrimoine culturel de l'humanité ? Le domaine public est au cœur de ce débat, car ce trésor appartient à tous gratuitement.


     Comme vous le voyez, il y a plus de questions que de réponses. Dans quelle société souhaitons-nous vivre ? Dans un monde dominée par les intérêts économiques, avec les cruautés et les inégalités qu’ils entraînent, ou celui d’une humanité plus humaine et plus solidaire, à la recherche de ce qui nous unit plutôt que de ce qui nous divise ? " ... Nous oublions que le changement de cette situation dépend de la prise de conscience de chacun de nous en particulier ".


Soyez donc le (la) bienvenu(e) dans notre forum.
Humainement vôtres,
Natacha Quester-Séméon-Faria
Secrétaire de l’association Les Humains Associés
Modératrice du " cercle virtuel de réflexion "

Co-Webmestre du site : www.humains-associes.org


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